Carolina Borges, présidente & fondatrice

Portraits de bénévoles : aujourd’hui, entretien avec Carolina, qui a crée Animaux Séniors en 2014. Découvrez les enjeux de la gestion d’une association 100% bénévole !

Carolina Borges avec Téo, gentil géant rescapé après le décès de sa maîtresse.

🔵 Bonjour Carolina, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs de notre site ?

Je m’appelle Carolina Borges, j’ai 42 ans, je suis cadre dans le privé et enseignante dans plusieurs écoles de commerce. Je suis née au Portugal, où j’ai crée un premier refuge à l’âge de 14 ans.

Avec un copain, nous avons retapé un petit bâtiment dans le terrain agricole de ses parents et, au fil des années, nous y avons accueilli des dizaines de chiens des rues. Nous étions confrontés à une grande misère animale. Notre premier rescapé s’appelait « Chaga », qui signifie « plaie ».

Nous n’avions aucun moyen, nous les nourrissions avec les restes de la cantine de l’école. Tout était ouvert, ils pouvaient s’en aller, mais ils nous accueillaient chaque jour avec une immense joie dès qu’ils nous voyaient arriver !

​🔵 Pourquoi avez-vous créé l’association Animaux Séniors ?

Malgré une vie professionnelle très très remplie, j’ai toujours eu besoin de me sentir utile dans différentes causes. J’ai fait du bénévolat dans plusieurs associations qui m’ont énormément enrichie et où j’ai fait des rencontres fabuleuses.

Au long de ces années de bénévolat, j’ai souvent été confrontée à la détresse des animaux séniors – et parfois aussi de la personne sénior en fin de vie. A un moment, c’est devenu évident pour moi que je voulais venir en aide dans ces situations.

Comme il n’y avait aucune structure en France dédiée à cette cause, nous avons décidé de retrousser les manches et de la mettre en place !

Avec deux chanceuses lors du sauvetage de centaines de poules pondeuses destinées à l'abattoir.

🔵 Quelles sont vos missions au sein de l’association ?

La gestion d’une association implique cinq grands domaines : piloter le volet administratif, encadrer les équipes bénévoles, assurer les moyens de financement, mettre en place des actions de communication, et, bien évidemment, mener le travail de terrain auprès des animaux.

Ma mission principale consiste à définir et coordonner cet ensemble de façon à ce que l’association accomplisse son objectif, sauver des vies.

​🔵 Pourriez-vous nous parler un peu de ces domaines ?

Le volet administratif inclut des tâches quotidiennes comme la gestion des identifications des animaux, l’émission des reçus fiscaux des bienfaiteurs, etc. Nous avons aussi plusieurs partenariats avec d’autres associations, y compris à l’international, qui impliquent de nombreuses démarches. Nous travaillons également avec des écoles pour des projets tutorés, c’est à dire des étudiants qui mènent des projets de fin d’études encadrés par l’association. Il s’agit d’étudiants en informatique, en marketing, en droit, etc.

Pour ce qui est de l’encadrement des équipes, cela consiste à trouver les bonnes personnes, au niveau des compétences et de la disponibilité, et à organiser leur intervention dans différentes actions. Comme nous ne sommes pas un refuge et que nous n’avons pas de salariés, le travail est très décentralisé. Nos équipes administratives et de communication, par exemple, sont souvent à des centaines de kilomètres de distance. Ils travaillent ensemble grâce aux nouvelles technologies. Le travail pour les animaux, bien sûr, ne peut pas être réalisé à distance et, comme nous agissons sur tout le territoire national, la coordination des différents intervenants est un réel enjeu.

​La communication concerne tous les supports web qu’il faut animer au quotidien – site web, blog d’actualités, newsletters, réseaux sociaux, etc. Mais aussi toute la partie « papier », comme le bulletin annuel, les livrets de parrainage, etc. La communication est essentielle à la fois pour assurer le financement de nos actions mais aussi pour entretenir le lien avec nos bienfaiteurs, les tenir au courant de nos initiatives, présenter les sauvetages, donner des nouvelles des filleuls, etc.

Carolina avec Fido, le premier chien sauvé par Animaux Séniors. Trouvé paralysé à 13 ans dans une déchetterie.

🔵 Cela implique des compétences très variées !

En effet, mais c’est avant tout un travail de coordination. Pour bien faire les choses, nous devons faire appel à des professionnels dans des secteurs spécifiques. Nous avons la chance de compter sur des experts qui s’investissent souvent bénévolement. Encore récemment nous avons décidé de protéger l’identité « ANIMAUX SENIORS » pour éviter des actions malveillantes et le dossier a été intégralement mené par une consultante et enseignante universitaire en protection de marques.

Cela nous arrive très souvent. Juristes, vidéastes, toiletteurs, comptables, développeurs web, on ne compte plus la liste de professionnels qui nous soutiennent avec leurs expertises. On est sûrs de bien faire les choses, et on fait de belles rencontres.

🔵 Pourriez-vous nous parler du financement et du travail au quotidien pour les animaux ?

Le financement n’a aucun mystère : comme l’écrasante majorité des associations de protection animale, nous ne bénéficions d’aucune aide ou subvention. Nos actions sont entièrement financées par les dons des particuliers, par le biais de nos différents moyens de collecte : cagnottes en ligne, parrainage de nos résidents, plateformes de micro-don, etc.

Le travail de terrain pour les animaux est le cœur de notre action. Nous recevons plus de 300 appels à l’aide par semaine, à la fois de particuliers et de refuges qui n’arrivent pas à faire adopter des vieux animaux et qui les voient dépérir dans des boxes en béton. On fait des heures de route pour aller les sauver, on les soigne avec nos vétérinaires, on leur redonne confiance, on cherche des parrainages, des familles d’accueil… et on voit leur regard évoluer du désarroi au bonheur !

Bien sûr, chaque cas est un cas et en plus nous menons des actions très diverses. Le sauvetage d’un millier de poules pondeuses est forcément différent d’une campagne de stérilisation de chats errants.

Les mains à la pâte au refuge GroinGroin dans la Sarthe.

🔵 Qu’est-ce qui vous a le plus marqué depuis le début ?

Chaque sauvetage marque énormément ! Mais c’est la maltraitance ce qui marque le plus. A la création de l’association, nous pensions venir en aide essentiellement aux animaux que les personnes âgées laissaient derrière lors des départs en EHPAD, fin de vie, perte d’autonomie, etc. En réalité cela correspond à peine à 30% des animaux rescapés.

L’écrasante majorité nous arrive suite à des vies entières de misère. Après une vie de maltraitance, ces animaux âgés, malades et abîmés n’intéressent plus leurs maîtres… et évidemment ils ne souhaitent pas dépenser des frais vétérinaires.

Recueillir ces animaux, soit directement soit via des refuges partenaires où ils sont déposés, est très émouvant. Mais il n’y a pas plus grand bonheur que de les voir, parfois déjà papys et mamies grisonnants, devenir des êtres joyeux, heureux !

Entretien réalisé par Pauline Lemaire, bénévole Communication & Réseaux Sociaux

Carolina sur Europe1

Carolina Borges présente ANIMAUX SENIORS dans l’émission Circuits Cours, animée par Maxime Switek et Anne Legall.

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